Réflexions de Carolyn Baker : 30ème semaine

Une communauté est cet endroit où la personne avec laquelle vous voulez le moins vivre vit inévitablement. Et lorsque cette personne s’en va, quelqu’un d’autre se lève et prend sa place.

Parker Palmer

Cette époque trouble forcera l’émergence de nombreux nouveaux modes de vie dans un monde où les institutions s’écroulent en raison du chaos économique, de la dévastation de l’environnement et de l’épuisement de l’énergie. Vivre seul, « avoir son chez-soi », ou vivre avec les gens avec lesquels nous préférons vivre deviendra probablement de plus en plus intenable.

Il est plus probable que dans les années à venir nous partagions des espaces de vie avec de nombreuses personnes — en réalité avec beaucoup de gens très différents de nous — afin de survivre. Cela signifie que, pour satisfaire nos besoins physiques, nous serons probablement forcés d’interagir étroitement avec des gens que nous n’aimons pas, mais avec lesquels nous devrons apprendre à coexister.

La fastidieuse gestion des relations interpersonnelles omniprésente en ce moment dans de nombreuses communautés intentionnelles pourrait devenir irréaliste ou même inutile dans les collectivités de l’avenir qui naîtront de la nécessité de coopérer pour survivre. À l’heure actuelle, « bien s’entendre » est un luxe auquel nous pouvons choisir ou non de participer. Mais dans un monde de plus en plus chaotique, notre vie pourrait en dépendre.

Dans une communauté, autant d’aujourd’hui que de demain, nous sommes certains de rencontrer les gens avec lesquels nous voulons le moins vivre. Et comme le fait remarquer Parker Palmer, si nous réussissons à nous débarrasser d’eux, il y en aura toujours d’autres qui prendront leur place. Il nous incombe donc d’acquérir des habiletés en écoute profonde, en parole vraie et en communication non violente.

Tout au long de l’Histoire, les gens ont été rassemblés au hasard par les guerres, les révolutions, les catastrophes provoquées par l’homme et les catastrophes naturelles. Dans certains cas, ces groupes ont évolué en communautés viables, tandis que d’autres sont devenus des enfers insoutenables d’hostilité et de concurrence.


Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker à raison d’une par semaine.


Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

Fondation Écho-logie
7011, ave Champagneur
Montréal (QC) H3N 2J6

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