Réflexions de Carolyn Baker : 29ème semaine

Lorsque nous évitons la souffrance qui résulte légitimement du fait d’affronter nos problèmes, nous évitons également la croissance que les problèmes exigent de nous.

Scott Peck

Carl Jung a affirmé que toutes les maladies mentales résultent d’une tentative d’éviter une souffrance légitime. Le mot épineux dans les déclarations de Jung et de Peck est légitime. Peck le clarifie en l’appelant la souffrance résultant du traitement des problèmes.

Le Bouddha nous dit que la souffrance est une part fondamentale de la condition humaine qui est aggravée par l’attachement aux choses et à nos croyances sur la façon dont la vie devrait se dérouler. L’ego humain estime que nous ne devrions pas avoir à souffrir et que tout obstacle qui se dresse sur le chemin de la réalisation de nos désirs devrait être immédiatement retiré. Toutefois, être un humain consiste à souffrir et à voir nos désirs sans cesse contrariés. L’ego dit : « Adversité, ôte-toi de mon chemin et laisse-moi faire ce que je veux ». C’est sans équivoque une tentative pour éviter les souffrances légitimes.

Tout comme la souffrance est inhérente à la condition humaine, la capacité de transformation à travers la souffrance est inhérente dans le Soi sacré. En fait, lorsque nous tentons d’éviter l’adversité, nous renonçons à l’occasion de transformation qu’elle nous présente. Peu importe comment nous l’appelons — croissance, conscience supérieure ou évolution spirituelle — chaque douleur, frustration, peur, conflit, déception ou perte offre une occasion d’apprendre sinon plusieurs.

Renoncer à cette occasion peut fournir une sortie temporaire de l’adversité, ou pas, mais nous pouvons être certains que le même genre d’adversité, ou une autre, apparaîtra encore et encore, pour nous offrir encore plus d’occasions de croissance. Le paradigme de la civilisation industrielle nous a convaincus que nous avons droit à une vie exempte de souffrances. Pendant des siècles, les humains y ont crû et maintenant nous en payons le prix ultime : la possibilité de notre propre extinction. L’effondrement de ce paradigme est une occasion extraordinaire d’apprendre, enfin et avec certitude, comment l’adversité s’offre comme un seuil à franchir dans notre évolution personnelle et collective.


Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker à raison d’une par semaine.


Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

Fondation Écho-logie
7011, ave Champagneur
Montréal (QC) H3N 2J6

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