Réflexions de Carolyn Baker : 28ème semaine

C’est en effet la marque d’un adulte mûr d’être en mesure de porter ces deux vérités simultanément : La vie est dure, remplie de perte et de souffrance. La vie est glorieuse, incroyable, étourdissante, incomparable. Nier l’une de ces vérités, c’est vivre dans une sorte d’idéal fantasmé ou être écrasé par le poids de la douleur. Au lieu de cela, les deux sont vrais et il faut une connaissance à la fois de la tristesse et de la joie pour pleinement englober la gamme complète de l’expérience humaine.

Francis Weller, Entering the Healing Ground: Grief, Ritual, and the Soul of the World

Bien que des millions de personnes soient dans le déni devant l’effondrement de la civilisation industrielle — insistant pour dire que la civilisation ne s’effondre pas ou que, si elle le fait, une sorte de fin heureuse surviendra bien —, il y a de nombreuses personnes conscientes de l’effondrement qui insistent pour clamer qu’absolument rien de positif n’en résultera et que le démantèlement sera sans aucun doute horrible. Je crois que ce dernier point de vue est tout aussi illusoire que le premier.

Ce paradoxe est de même nature que le principe sous-jacent de l’évolution qui est l’interaction des contraires : lumière/obscurité, froid/chaud, masculin/féminin, positif/négatif. Weller affirme ci-dessus que la capacité de maintenir la tension des opposés est la marque d’un individu mature.

Il m’est arrivé de parler avec quelqu’un qui croyait que le résultat final de la crise mondiale n’entraînerait rien de positif. Il ne ressentait que mépris envers les êtres humains en raison de notre débauche de profanation de la terre et de toutes les espèces qui l’habitent. À son avis, le seul résultat positif de l’effondrement de la civilisation industrielle serait d’offrir l’occasion à certaines espèces de survivre après que les humains aient disparu. Il ne voyait aucune espérance ou occasion de transformation dans le processus. En fait, il soutenait avec véhémence une issue étonnamment nihiliste. Lorsque je rencontre ce point de vue, je ressens dans mon corps un sentiment semblable à celui que je ressens quand je rencontre des individus en fort déni de la crise.

Comme Weller le note, ne s’accrocher psychologiquement qu’à un seul côté du paradoxe mène soit à la fantaisie soit au désespoir écrasant. Allons-nous devenir des adultes matures et choisir de maintenir les deux au lieu de l’un ou de l’autre ? Allons-nous choisir la gamme complète de l’expérience humaine ?


Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker à raison d’une par semaine.


Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

Fondation Écho-logie
7011, ave Champagneur
Montréal (QC) H3N 2J6

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *