Réflexions de Carolyn Baker : 26ème semaine

Voici l’art de l’âme : récolter votre vie la plus profonde à partir de toutes les saisons de votre expérience.

John O’Donohue, Beauty : The Invisible Embrace

À sa manière inimitable, John O’Donohue utilise encore une fois une phrase courte, à la tournure poétique, pour faire fondre le cœur et inviter le lecteur à la contemplation profonde.

Nous pouvons même inverser la syntaxe de la phrase : « Récolter votre vie la plus profonde à partir de toutes les saisons de votre expérience : c’est l’art de l’âme ». L’ordre dans lequel un écrivain construit une phrase possède une signification. Dans la déclaration de O’Donohue, il met l’art de l’âme en premier et explique ensuite ce qu’il est. De toute évidence, pour le regretté poète irlandais, l’art de l’âme a occupé une place importante dans son cœur et le définir était moins important pour lui que d’en faire l’expérience.

Pourtant, beaucoup de lecteurs de O’Donohue ont besoin d’une explication et il nous l’a brillamment donnée sous la forme d’un autre fleuron poétique : « Récolter votre vie la plus profonde à partir de toutes les saisons de votre expérience ». Mais qu’est-ce que cela veut vraiment dire ?

Comme nous vivons en des temps plus troubles et incertains que la plupart d’entre nous ont jamais connus, nous sommes entrés dans une nouvelle saison de la vie. En effet, nous avons entamé une saison de la vie qui est dure, impitoyable, mouvante, délicate et peut-être même terrifiante. Pourtant, O’Donohue insisterait pour dire qu’il y a là quelque chose à récolter. Tout ce qui est récolté est utile, sinon ça ne serait pas récolté. Nous récoltons les denrées alimentaires, les produits d’origine animale, les textiles et les ressources naturelles. Tous sont bénéfiques pour nous d’une façon ou d’une autre. Ils aident à nous nourrir, nous vêtir et à nous fournir un abri.

Quelles récoltes émotives et spirituelles recueillons-nous de l’effondrement de la civilisation industrielle ? O’Donohue nous demande de ne pas penser en termes de « choses », mais en termes de notre « vie la plus profonde ». Quelle est votre vie la plus profonde ? Plus profond veut dire « en dessous ». Que savez-vous de la vie qui se cache en dessous des attirails de la civilisation ? Quelle est la valeur de cette vie pour vous ? C’est tout ce qui restera lorsque votre expérience physique et humaine ne sera plus.


Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker à raison d’une par semaine.


Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

Fondation Écho-logie
7011, ave Champagneur
Montréal (QC) H3N 2J6

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *