Réflexions de Carolyn Baker : 24ème semaine

Que pouvons-nous accomplir de plus maintenant que la survie de l’âme ? Le mal et la dégradation ne sont pas plus présents qu’avant, peut-être, seulement plus apparents, plus visibles et mesurables. Parce que la douleur que l’humanité vit quotidiennement depuis le début ne peut pas augmenter. Mais il y a de plus en plus de compréhension de la capacité de l’humanité à causer des dommages indicibles et peut-être aussi de l’endroit où cela nous mène. Une multitude dans l’effondrement, une multitude qui cherche de nouvelles façons d’en sortir. Espace pour ce qui peut se produire de nouveau.

Rainer Maria Rilke

Peu importe le nombre de fois où j’écris et enseigne que la survie de l’âme est plus importante que notre survie physique, il semble que certaines personnes refusent de composer avec cette réalité et insistent pour se concentrer exclusivement sur la préparation logistique en vue de cette époque troublée.

Rilke demande : « Que pouvons-nous accomplir de plus maintenant que la survie de l’âme ? » Lui aussi a vécu une époque turbulente, entre la montée au pouvoir de l’empereur Guillaume et l’émergence du Troisième Reich, puis avec la Première Guerre mondiale qui a éclaté en 1914. Comme son contemporain William Butler Yeats, Rilke a été profondément troublé par la trajectoire qu’il a vu prendre la civilisation industrielle. Rilke et Yeats ont tous deux compris que des millions de personnes allaient devenir des victimes de la civilisation et que les démons de celle-ci ne pouvaient que se multiplier. Pourtant, les deux ont compris que l’âme ne pourrait pas être détruite. Ils se sont néanmoins rendu compte que l’âme peut dépérir en raison de l’obsession de l’humanité pour le pouvoir, le contrôle et l’accumulation matérielle.

On peut ne pas être d’accord avec Rilke au sujet de l’augmentation du mal dans notre monde, mais ce qui importe le plus est de saisir les deux dernières phrases de la citation ci-dessus : « Une multitude dans l’effondrement, une multitude qui cherche de nouvelles façons d’en sortir. Espace pour ce qui peut se produire de nouveau. »

Si l’âme n’est pas nourrie et développée en préparation de l’effondrement et pendant qu’il survient, elle se retrouvera profondément menacée au milieu du chaos, de la confusion, de la panique, de la rage, de la terreur, du désespoir et du nihilisme des masses qui n’ont pas tenu compte de leurs âmes, si elles ne les ont pas vendues en échange des promesses vides de la civilisation industrielle. Seule la fréquentation assidue de l’âme peut nous permettre de faire de la place pour tout ce qui peut arriver.


Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker à raison d’une par semaine.


Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

Fondation Écho-logie
7011, ave Champagneur
Montréal (QC) H3N 2J6

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