Réflexions de Carolyn Baker : 23ème semaine

Tous savent que la goutte se fond dans l’océan, mais peu savent que l’océan fusionne avec la goutte.

Kabir

En des temps troublés, nous avons besoin de nous rappeler notre lien intime avec le sacré. Il est parfois plus facile de nous imaginer comme une goutte d’eau qui se fond dans l’océan de quelque chose de plus grand que d’imaginer l’océan entrer en nous et fusionner avec nous. Nous pouvons facilement comprendre comment nous avons besoin du sacré, mais nous avons plus de difficulté à saisir la mesure dans laquelle le sacré a besoin de nous.

Il pourrait être utile de contempler le sens du mot intime. Au-delà de la signification « étroitement lié », il signifie également « communier » et « faire connaître ». Lorsque nous communions intimement avec une autre personne et partageons profondément ce que nous avons en commun — qu’il s’agisse d’ébats amoureux ou d’une conversation cœur à cœur —, nous nous faisons connaître à l’autre comme l’autre le fait pour nous.

Quand nous méditons, contemplons, écrivons notre journal ou prions, nous nous ouvrons au sacré et nous faisons connaître. Si nous écoutons et restons ouverts, on nous rencontrera et on nous répondra, peut-être pas comme nous attendrions ou préfèrerions, mais une réponse aura lieu. Avec le temps et la pratique, nous acquerrons une plus profonde expérience de quelque chose de plus grand. D’une façon illogique, mystérieuse et non linéaire, nous en viendrons à connaître dans notre corps la présence du sacré et nous commencerons à sentir — pas à imaginer — comment l’océan fusionne avec la goutte.

Notre sentiment d’unité avec le sacré, comme la goutte avec l’océan et l’océan avec la goutte, est peut-être le plus grand besoin spirituel de notre époque et, en fait, l’antidote suprême au sens de séparation des humains vis-à-vis d’eux-mêmes, des uns des autres et de la communauté de la Terre. Parce qu’il est presque impossible pour nous de garder cette conscience dans nos corps et nos esprits en permanence, nous avons besoin de nous exercer à l’expérimenter et nous devons être très patients et indulgents avec nous-mêmes en le faisant. Nous sommes aussi inséparables du sacré et le sacré de nous que le sont la goutte de l’océan et l’océan de la goutte. En tant qu’êtres humains, nous avons besoin de nous y exercer, mais le sacré est déjà pleinement présent, inextricablement lié avec nous et attendant que nous embrassions et savourions cette communion intime.


Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker à raison d’une par semaine.


Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

Fondation Écho-logie
7011, ave Champagneur
Montréal (QC) H3N 2J6

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