Réflexions de Carolyn Baker : 22ème semaine

Comme tout bon système abusif, ce système nous a rendus dépendants. Et une autre chose importante au sujet de la question des sévices, c’est que l’une des choses qui se passent au sein de toute dynamique abusive, et c’est vrai que nous parlions d’une famille abusive ou d’une culture abusive, c’est que tout — et je veux dire tout — dans cette dynamique est mis en place pour protéger l’agresseur. Ainsi, chaque membre d’une famille abusive en viendra à s’identifier plus étroitement avec les sentiments de l’agresseur qu’avec les siens propres.

Derrick Jensen

Dans presque tous ses livres, articles ou apparitions publiques, Derrick Jensen compare la civilisation industrielle au système des familles abusives. Un système de famille abusive est fermé et ceux qui disent la vérité à son sujet deviennent des boucs émissaires, sont fustigés, ridiculisés et, fréquemment, désavoués. Bien que le soi-disant Occident démocratique adhère du bout des lèvres à la liberté d’expression, sa règle tacite est de bien parler de notre héritage, de notre culture et de notre pays, surtout à l’ère de la guerre au terrorisme.

Néanmoins, la civilisation industrielle est profondément abusive envers ses habitants et la communauté de la Terre. Des millions se sont révoltés contre ce système et continuent à se rebeller, et la deuxième décennie du XXIe siècle pourrait bien devenir l’âge de l’occupation de tout ce qui est oppressant dans la civilisation industrielle. Certains affirment avoir quitté le système abusif entièrement, mais même si cela est peut-être encore possible, la dure réalité est qu’il n’y a pratiquement nulle part où aller pour échapper aux machinations de l’agresseur.

Il est vrai également que les agresseurs ne peuvent pas continuer à abuser sans l’aide de facilitateurs. De nombreux progressistes pointent du doigt « ces républicains-là » comme étant les auteurs des sévices, mais sans la complicité des démocrates ces sévices ne pourraient continuer et n’auraient pas atteint leur niveau actuel de gravité.

Quel recours avons-nous ? Alors que l’évasion totale du système abusif n’est peut-être pas possible, nous pouvons nous en extirper dans toute la mesure du possible. Nous pouvons, comme le font de nombreux lecteurs de ce livre, choisir de vivre en dehors des règles du système, créer nos propres collectivités, devises, sources d’aliments, ressources en éducation, en santé et en soin des enfants, transports, médias, voisinages, expressions artistiques et pratiques spirituelles. En le faisant, toutefois, nous apporterons aussi le bagage émotionnel du système abusif ; par conséquent, une partie essentielle de notre sortie doit être notre engagement à guérir les blessures subies dans les affres vécues en protégeant et en perpétuant sciemment ou non les sévices.


Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker à raison d’une par semaine.


Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

Fondation Écho-logie
7011, ave Champagneur
Montréal (QC) H3N 2J6

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